11/06/2005
L'universelle panacée?
Libération : "Le traitement du bois qui va couper l'appétit des termites. Découverte d'un produit 100 % végétal et 100 % non toxique, l'ASAM"
Pour ma part, j'émets quelques doutes sur le procédé.
Je précise tout d'abord que je me suis opposé depuis longtemps, dans mon boulot de forestier, à l'usage des bois traités CCA. J'ai même eu des ennuis à cause d'une prise de position, ayant fortement mis en cause un producteur de tuteurs traités qui avait écrit à tous les agents de l'ONF pour leur vanter sa marchandise empoisonnée.
Mais je demande que l'inocuité de l'ASAM soit prouvée par des essais menés à la fois par un organisme officiel (le CTBA) et un laboratoire indépendant, avec un recul suffisant. Par ailleurs, le produit ne gâche-t-il pas les qualités de matériau vivant du bois, comme c'est le cas pour le bois rétifié?
Une meilleure position, plus Verte à mon sens, consiste à se passer de TOUS les traitements, quels qu'ils soient. Et de se poser les questions essentielles:
- à quoi sert-il de traiter un tuteur, destiné à pourir et disparaître lorsque l'arbre se tiendra seul?
- est-il plus économique de traiter ou de remplacer le bois usagé?
- la meilleur protection du bois, n'est-ce pas une coupe de bonne lune (résineux coupés en sève montante, feuillus en lune descendante) suivie d'un séchage suffisant?
- N'est-il pas possible de travailler le bois en privilégiant les techniques qui minimisent les risques de pourissement (par exemple en évitant de présenter à la pluie la tranche du bois)?
Les anciens savaient produire du bois durable, c'est un savoir à retrouver (y compris l'antique méthode chinoise consistant à tremper le bois 100 ans avant usage).
Bien entendu, une utilisation intelligente du matériau bois va à l'encontre de la productivité; mais ne vaudrait-il pas mieux payer un peu plus cher un bois de qualité bien mis en oeuvre que de faire travailler l'industrie chimique?
Amicalement,
Alain
22:41 Publié dans Iconoclaste | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



Commentaires
si je puis me permettre une contribution d'un non expert: ce qu'évoque Alain me fait penser aux maisons à colombages de Normandie, de Bourgogne ou d'ailleur construites il y a des siecles et qui sont toujours debout avec le même bois...quelle methode utilisaient-ils à l'époque ?
ça m'a également fait penser aux navires en bois d'autrefois dont, pour certains, le bois était laissé tremper dans la saumure pendant 50 ans avant de l'utiliser dans la construction pour le rendre moins sensible aux agressions du milieu marin.
Ecrit par : Laurent Delpech | 12/06/2005
Bonjour,
La question des bois de colombage est simple il s'agit de bois de coeur d'essences taniques (Chêne principalement mais parfois chataigner) qui ne sont pas attaqués par les Xylophages hors du sol et de l'eau (il faut d'abord une attaque de champignons pour favoriser la pénétration des insectes). Maintenant ceca implique des bois denses , de courtes dimensions (par rapport aux sciages résinneux) chers a mobiliser et
Les trempages cela marche ex les Bouchots, pieux de marais, etc, Mais si la fillière bois saumurait tous les bois de construction il se pourrait que nous ayons un impact environnemental salin. Il faut d'abord approfondir la question
Au Total, les archis bios ont des solutions qui marchent , mais qui ne correspondesnt pas encore à la totalité du parché.
Pour les piquets et tuteurs il y a des bois plus durables Chataigner, Chhêne, Robinier. Les anciens passaient au feu les pointes enterrées (Depuis plus loin que rome) pour limiter la dégradation de la partie entérrée. Certains font un traitement équivalent au goudron de Norvège, qui produit le même type d'avantages.
Amitiés vertes Eric
Ecrit par : Eric | 12/06/2005
ben je pense que j'ai une partie de la réponse!
j'habite dans une baraque qui 4 environ 600 ans (avérés)
dans une zone infestées de termites (saintongeaises, pour etre précis) et ce depuis des siècles
les bois sont en chene tout simplement taillés pour certaines poutres sur des arbres nés avant l'an mil !
et dans lesquels meme les clous acier ne s'enfoncent pas
ils ont été coupés en fonction de l'usage prévu
cad que on ne coupe pas le meme arbre pour faire l'âme d'un violon que pour une poutre maitresse
et la période de coupe a une grande influence sur la longévité, la sonorité, la durété, la charge ou non en sève qui permet des usage différents
mais il faut surtout laisser le temps au temps
je sais c'est pas de moi et on risque de me dire que je suis un social traitre d'utiliser les termes de cet homme!
par contre ce savoir faire s'il est écrit qq part très bien
sinon je ne suis pas capable de le transmettre de façon précise!
est ce que des "bouquins existent?
onb va en avoir besoin!
Ecrit par : Jacques | 12/06/2005
Bonjour
Professionnel du bois ,je cherchais un article sur les dates ,les lunes pour couper
du bois et le faire durer ;merci de me préciser tout çà SVP
Je travaille en scierie et précédement ,je faisais du traitement CCA
Depuis peu ,je m'intéroge ,et essaie de transmettre les mêmes idées que les votres...!
A savoir que l'on travaille de nos jours tout à l'envers
On coupe les bois à n'inporte quelle date et on traite du bois vert!
Je reste convaincu ,qu'il vaut mieux couper du bois en bonne lune ,et ne pas le traiter
( d'ailleurs ,si on traite du bois vert ,un mois après ,les fdentes apparaissent ,et les insectes et autres rentent !!!)
Peut être aussi ,pour des besoins personnels ,choisir du bois sec sur pied
Qu'en pensez vous?
Un convaincu de vos propos .
Ecrit par : piard benoit | 12/10/2005
Le critère principal, pour moi, c'est la sève.
Les feuillus doivent être coupés hors sève, donc en période de repos végétatif. Ceci veut dire en fin de lune descendante + pour les arbres à fueilles caduques, à l'automne ou début d'hiver; en région méditerranéenne en hiver ou en plein été, etc...
Les résineux doivent être coupés en sève (la résine ayant une action protectrice), c'est à dire en fin de lune montante, et plutôt au printemps. ceci dit, la quantité de résine doit être dosée selon l'usage (par exemple, il n'en faut pas trop si le bois doit être collé).
De la sorte, un exploitant forestier peut quasiment travailler toute l'année en coupant toujours en phase avec la lune...
Ecrit par : Alain | 14/10/2005
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